En cette fin février 2025 s’ouvre un procès hors norme. Pendant quatre mois, à Vannes, la cour criminelle départementale du Morbihan jugera une affaire d’une ampleur inédite : 299 victimes, 300 faits présumés de viols et d’agressions sexuelles commis sur des enfants par un homme : Joël Le Scouarnec. Pendant près de 40 ans, ce chirurgien, en apparence insoupçonnable, a pu agir en toute impunité, consignant scrupuleusement ses crimes dans des fichiers informatiques formant un journal intime terrifiant. 

Mais il serait trop facile de voir en Le Scouarnec une anomalie, un monstre, une aberration. Car au-delà de l’ampleur et des spécificités de ses crimes, il faut interroger ce qui, dans notre société et ses aveuglements collectifs, les a rendus possibles.