
L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une pathologie courante chez les hommes de plus de 50 ans. Parmi les traitements disponibles, la chirurgie (notamment la résection transurétrale de la prostate, ou RTUP) est longtemps restée la référence.
Toutefois, de nouvelles alternatives mini-invasives ont émergé ces dernières années, dont le REZUM et l’embolisation de la prostate.
Cet article se propose de comparer le REZUM à l’embolisation de la prostate, en mettant en lumière les bénéfices uniques de cette dernière, notamment en matière de préservation des fonctions sexuelles.
Comprendre l’embolisation de la prostate
L’embolisation de la prostate est une technique d’imagerie interventionnelle qui consiste à bloquer l’apport sanguin vers les zones hypertrophiées de la prostate à l’aide de microbilles injectées dans les artères prostatiques. Ce geste entraîne une réduction progressive du volume prostatique, soulageant ainsi les symptômes urinaires.
Réalisée en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation, l’embolisation ne nécessite ni anesthésie générale, ni incision, ce qui la rend particulièrement attrayante pour les patients à risque chirurgical ou désireux d’éviter les effets secondaires liés à une intervention plus lourde.
Le REZUM : une technologie par vapeur d’eau
Le REZUM est un traitement mini-invasif relativement récent, basé sur l’injection de vapeur d’eau dans le tissu prostatique. La chaleur générée par la vapeur détruit les cellules hypertrophiées, permettant ainsi une réduction du volume de la prostate.
Ce traitement est également réalisé en ambulatoire, généralement sous anesthésie locale ou légère. Il offre une récupération rapide et une amélioration notable des symptômes urinaires.
Efficacité : REZUM, embolisation ou chirurgie ?
En termes d’efficacité symptomatique, les études montrent que le REZUM, l’embolisation et la chirurgie offrent tous une amélioration significative de la qualité de vie des patients.
La chirurgie reste la méthode la plus radicale avec un soulagement rapide et durable, mais elle est également associée à plus de complications et à une récupération plus longue.
Le REZUM présente une amélioration notable des symptômes dans les mois qui suivent l’intervention, tout comme l’embolisation.
Toutefois, plusieurs études récentes ont confirmé que l’embolisation de la prostate permet une réduction de volume et une amélioration du débit urinaire équivalente à celle du REZUM, avec un taux de satisfaction élevé chez les patients, même plusieurs années après le traitement.
Une différence clé : la préservation de la fonction sexuelle
Le véritable point de différenciation entre ces méthodes réside dans la préservation des fonctions sexuelles.
La chirurgie prostatique est bien connue pour ses effets secondaires potentiels, notamment l’éjaculation rétrograde, la baisse de la libido, ou encore les troubles de l’érection. Le REZUM, bien que moins invasif, peut aussi entraîner des troubles éjaculatoires dans certains cas.
L’embolisation, en revanche, se distingue par son respect quasi total de la fonction sexuelle. En effet, la technique n’affecte pas les nerfs responsables de l’érection ni les voies éjaculatoires.
Les études cliniques montrent que la grande majorité des patients traités par embolisation conservent une fonction sexuelle normale, ce qui en fait une option privilégiée pour les hommes actifs sexuellement ou pour ceux pour qui la qualité de vie sexuelle est un critère déterminant.
Conclusion : une alternative complète et respectueuse
L’embolisation de la prostate apparaît aujourd’hui comme une alternative aussi efficace que la chirurgie ou le REZUM pour soulager les symptômes de l’HBP, tout en offrant un profil de sécurité et de tolérance remarquable. Mais c’est surtout sa capacité à préserver les fonctions sexuelles qui fait toute la différence.
Dans un contexte où la qualité de vie du patient est devenue un critère central dans les décisions thérapeutiques, cette technique minimalement invasive mérite d’être considérée comme un choix de première ligne, notamment pour les hommes actifs ou réticents aux traitements plus agressifs.