Comment les théories naissent-elles ? Comment circulent-elles dans la société ? Historien·nes, sociologues, anthropologues et philosophes aident Laura Raim a faire la généalogie de ces idées.
Dans cet épisode, Laura part à la recherche des responsables du dérèglement
climatique. Sommes-nous tous coupables, comme la notion d’anthropocène le laisse
penser ? L’historien de l’environnement, Andreas Malm, explique que pour éviter de
mettre tous les Hommes sur un plan d’égalité, il préfère la notion de “capitalocène” à
celle d’”anthropocène”. Il estime que c’est le capitalisme fossile qui est à l’origine de la
crise environnementale.
Qui est vraiment responsable de la crise écologique en cours ? Est-ce vraiment
l’humanité dans son ensemble ? Où serait-ce certains pays, groupes sociaux ou
systèmes économiques spécifiques ? Un capitalisme vert est-il possible ?
“Il y a ce récit anthropocène qui dit que nous sommes tous à blâmer pour cette pagaille,
que c’est l’humanité qui a causé ce problème et que c’est donc la responsabilité de
chacun de changer son mode de vie pour essayer de nous sortir de ce pétrin,” résume
Andreas Malm. “Moi, je m’oppose à cette idée d’une responsabilité indifférenciée, car
pour moi, ça ne colle pas aux éléments historiques. L’utilisation massive de
combustibles fossiles, qui est liée à l’avènement de la machine à vapeur, est apparue à
un moment très précis dans l’Histoire, et dans un endroit précis : la Grande-Bretagne du
début du XIXe siècle.”